Audit cybersécurité : le PAK face aux exigences de la norme ISO 27001

Audit cybersécurité : le PAK face aux exigences de la norme ISO 27001
Un diagnostic stratégique qui révèle des bases solides, mais un système encore à structurer
À Douala, les résultats du diagnostic du système de sécurité de l’information du Port Autonome de Kribi mettent en lumière un niveau de conformité encore limité, mais un fort potentiel de transformation vers un modèle sécurisé et performant.
Le 15 avril 2026 à Douala, le Port Autonome de Kribi (PAK) a tenu la réunion de clôture du diagnostic de son système de gestion de la sécurité de l’information (SGSI), conduit selon la norme ISO 27001:2022.
Menée par les experts Mohammed Ramy et David Lutete, cette mission avait pour objectif d’évaluer le niveau de maturité du dispositif existant, d’identifier les écarts par rapport aux exigences internationales et de proposer une trajectoire de mise en conformité.
Un système encore en construction
Le diagnostic révèle que le SGSI du PAK n’est pas encore formellement déployé. Les pratiques existantes reposent principalement sur des initiatives isolées, sans cadre structuré ni gouvernance dédiée. Le niveau de conformité est estimé entre 10 % et 15 %, traduisant un socle initial, mais encore largement insuffisant au regard des standards de la norme.
Parmi les principales lacunes identifiées figurent l’absence d’une politique formelle de sécurité de l’information, d’un périmètre clairement défini, ainsi que d’une gouvernance structurée. Aucun Responsable de la Sécurité des Systèmes d’Information (RSSI) n’est désigné, et les responsabilités restent dispersées, limitant l’efficacité du pilotage et du contrôle.
Des risques peu formalisés, une culture à renforcer
L’audit met également en évidence l’absence d’une analyse formelle des risques et d’un plan de traitement associé, pourtant au cœur de la démarche ISO 27001. La sensibilisation des équipes à la cybersécurité demeure limitée, tout comme la formalisation des procédures, des indicateurs de suivi et des mécanismes de pilotage.
Sur le plan technique, plusieurs insuffisances ont été relevées : absence de politiques de cryptographie, de gestion des accès et de classification de l’information, manque de procédures encadrant les changements, les configurations ou encore la gestion des incidents. La sécurité des postes de travail, des données et des infrastructures nécessite un renforcement global, notamment face aux risques de fuite d’informations ou de cyberattaques.
Des fondamentaux encourageants
Malgré ces écarts, le diagnostic souligne plusieurs points forts. Le PAK dispose d’un système de management de la qualité structuré, d’un programme d’audit interne opérationnel et d’une bonne maîtrise documentaire. Le recours au VPN pour le télétravail témoigne également d’une prise en compte des enjeux de sécurité.
Surtout, l’engagement du top management en faveur d’un projet de Smart Port constitue un levier stratégique déterminant pour accélérer la transformation.
Une feuille de route claire vers la conformité
L’audit recommande de structurer rapidement la gouvernance de la sécurité, notamment par la mise en place d’un RSSI et d’instances dédiées. La réalisation de tests d’intrusion, l’élaboration d’un plan de continuité informatique et le renforcement des compétences internes figurent parmi les priorités immédiates.
L’horizon de mise en conformité est estimé entre 12 et 15 mois, sous réserve d’une mobilisation soutenue des ressources et d’une exécution rigoureuse de la feuille de route.
Au-delà d’un simple exercice d’évaluation, ce diagnostic marque un tournant. Il pose les bases d’un système de sécurité robuste, condition essentielle pour accompagner la digitalisation du port et garantir la fiabilité de ses opérations dans un environnement de plus en plus exposé aux risques cyber.
Le défi est désormais clair : transformer un potentiel identifié en un standard de référence.





