Il faut démarrer au plus vite la construction des zones logistiques

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Le Directeur général de Kribi Conteneurs Terminal (KCT) estime qu’il est du devoir de l’Etat d’aller au bout du projet Kribi en construisant non seulement des espaces dédiés au stockage des marchandises mais plus encore en poursuivant les travaux de la phase II.


Philémon MENDO
Directeur Général de Kribi Conteneurs Terminal( KCT)

Quelques dix mois après le lancement des opérations commerciales au Port de Kribi, dont Kribi Conteneurs Terminal fut le principal architecte, quel bilan d'étape faites-vous après quelques dix mois de fonctionnement de ce port ?

Le lancement de ce Port est un défi que nous avons relevé avec maestria. Il s’agit du premier Port maritime du Cameroun et avant la fin de l’année de lancement nous avons déjà manutentionné une centaine de milliers de conteneurs. Nous sommes satisfaits dans l’ensemble, et optimistes pour la suite.

 

Sur ces dix mois d'activité, près de 100 000 conteneurs manutentionnés : quelles sont les principales caractéristiques de ce trafic ? D'où vient-il, qu'est-ce qui le caractérise ?

Nous avons essentiellement du trafic de transbordement, ce qui n’est pas surprenant quand on sait que le Port de Kribi est le seul au Cameroun qui possède des caractéristiques pour attirer ce type de trafic. Cependant, les exportateurs ont été les premiers opérateurs locaux à nous faire confiance. Des volumes croissants d’importation ont suivi. La ligne Asie-Afrique étant directe, nous avons des volumes importants de trafic en provenance et en direction de ce continent.

 

Êtes-vous surpris par cette espèce d'engouement autour du Port de Mboro ? Comment expliquez-vous cet engouement ?

Nous ne sommes pas surpris par cet engouement, parce que le Port était grandement attendu pour soulager les opérateurs de commerce extérieur compte tenu de sa position stratégique et de l’accompagnement que nous proposons.

Après ces dix mois d'observation, que considérez-vous réellement aujourd'hui comme les atouts du Port de Kribi ? Sur quoi peut-il donc et doit-il donc fonder ses avantages compétitifs ?

Le principal atout du port de Kribi est incontestablement son tirant d’eau de 16 mètres de profondeur capable d’accueillir les plus grands navires, son ouverture directe à la mer, l’expertise de nos partenaires mondialement reconnue et la qualité de nos équipements, principal facteur de notre productivité actuelle.

Certes on parle de cette profondeur : mais la petite taille du quai (seulement 365 mètres) ne constitue-t-elle pas une limite grave, voire une menace à la qualité des opérations délivrées par ce port ?

On ne peut pas parler de la taille du quai comme d’une menace parce que le quai ne gardera pas indéfiniment cette taille. Un agrandissement du quai est prévu dans le déploiement de la phase 2 de construction du Port.

Comment se passe votre coopération non seulement avec le PAK mais aussi avec les autres acteurs de la place de Mboro ?

Notre coopération avec le PAK est excellente et repose d’abord sur le respect du cahier de charges tel que le stipule le contrat de concession. Par ailleurs tous les acteurs de la zone portuaire travaillent en synergie à travers les différentes plates-formes mises en place par le port autonome de Kribi dans l’optique d’améliorer la qualité des services.

Quels sont les points d'insatisfaction sur lesquels vous nourrissez le plus d'attentes d'améliorations, pour les prochains mois ?

Notre maillon faible après dix mois d’exploitation reste les flux import –export car ces éléments sont les véritables porteurs de la visibilité et de l’attractivité de nos activités. Il parait donc impératif à notre sens d’accentuer les moyens nécessaires à leur développement, notamment par des actions de communication d’envergure.

Comment vous semble évoluer le trafic général en direction du Cameroun et spécialement de Kribi, en rapport avec le port qui lui est donné pour être le plus directement concurrent à savoir Pointe noire ?

Nous avons pour ambition de devenir le leader de la sous-région afin de desservir non seulement le marché local mais aussi l’hinterland. Nous disposons de tous les atouts pour atteindre cet objectif compte tenu de la position stratégique du port de Kribi qui partage six frontières et deux sous-régions.

Quel est l'avenir de l'activité autour du transbordement ?

Le transbordement représentant 95% de l’ensemble de nos activités et pourrait être encore en augmentation avec un risque de saturation de l’espace actuel. Nous estimons qu’il est urgent de démarrer le plus tôt possible la construction de la zone logistique pour être à mesure d’accueillir deux navires simultanément.

Un certain nombre d'opérateurs semblent se plaindre des tarifs élevés de la place de Kribi : cela ne représente-t-il pas un handicap de court et de moyen terme pour la compétitivité générale du Port ?

C’est relatif. Parler de tarif élevé serait excessif parce que la politique des prix ne dépend pas de la volonté d’un seul acteur. Il faut tenir compte des facteurs exogènes qui rentrent dans les critères d’évaluation des coûts, sans pour autant négliger les avantages procurés par la célérité des opérations qui est notre maitre-mot, car le temps est un facteur vital de rentabilité dans ce domaine