L’engouement autour du Port de Kribi est réel

Pour le Commandant du port, « les armateurs et les chargeurs qui découvrent progressivement les nombreux atouts du port de Kribi n’hésitent pas à saisir les opportunités qui leur sont offertes ».


Charles René KONTELIZO
Commandant du PAK

Plus de 200 navires reçus au port de Mboro en cette fin d’année2018 : êtes-vous surpris par cet engouement, dès le début du lancement des opérations commerciales de ce port ?

En effet, entre le 02 mars dernier, date de la première escale commerciale au terminal à conteneurs, nous avons accueilli, à date du 27décembre 2018, quelques 190. Il faut noter que dans la même période, nous avons accueilli 20 navires au terminal polyvalent. Nous avons ainsi franchi le cap symbolique de 200 (deux cents) navires au port de Mboro (trafic-on-shore) en dix mois d’opération. Il importe de souligner qu’en offshore de Kribi, nous avons accueilli 59 navires pétroliers et gaziers.

Nous ne sommes pas surpris de cet engouement, car les armateurs et les chargeurs qui découvrent progressivement les nombreux atouts du port de Kribi n’hésitent pas à saisir les opportunités qui leur sont offertes. Le trafic va aller croissant, et on risque d’ailleurs d’être débordé très rapidement par les nombreuses demandes, si on n’anticipe pas.

 

Quelle est la principale caractéristique de trafic : d’où vient-il ? quelle est sa nature (est-ce du transbordement, de l’exportation) ?

Le trafic qui se met en place au Port de Kribi est pour l’essentiel un trafic de ligne ; c’est-à-dire que d’une manière générale, ce sont les mêmes navires qui reviennent régulièrement selon un planning qui doit être rigoureusement respecté. Toutefois, il n’est pas exclu que l’on reçoive des navires qui viennent de façon ponctuelle pour des opérations spéciales ou occasionnelles. Ce sont des navires qui font du « Tramping ».

S’agissant de son origine, pour l’instant, il vient essentiellement d’Europe et d’Asie (Moyen et Extrême Orient). Mais on ne devrait pas tarder à recevoir du trafic d’Amérique (du Nord et Latine), car notre Port est certifié ISPS ; cela veut dire que nous pouvons commercer directement avec les Etats Unis d’Amérique. Quant à la nature des opérations, il y a beaucoup de transbordement sur les navires feeders qui reprennent des conteneurs vers des ports voisins tels que Douala, Port-Gentil, Libreville, Matadi etc… Il y ‘a naturellement des opérations d’Import et d’Export qui se font. Toutefois, il convient de préciser que sur le terminal polyvalent, ne se sont faites jusqu’à présent que des opérations d’Export de biomasse en vrac et de bois en grumes.

 

En quoi consiste le travail de la Capitainerie dans cet édifice fonctionnel ?

La Capitainerie du Port est chargée :

  • de la régulation et du trafic maritime et de la gestion de la Tour de contrôle ;
  • du pilotage des navires (onshore et offshore) et du suivi des activités de remorquage et de lamanage ;
  • de l’application des lois et règlements de police d’exploitation dans les domaines portuaires ;
  • de la protection de l’environnement maritime;
  • de la prévention et de la lutte contre l’incendie et la pollution ;
  • du contrôle du mouvement des personnes et des marchandises ;
  • du respect des dispositions des autorisations d’occupation des domaines portuaires ;
  • du suivi des questions liées à la sécurité et la sûreté des biens meubles et immeubles du PAK, des personnels en service, ainsi que les Dirigeants du PAK.
  • de la coordination des services spéciaux Etatiques (Gendarmerie, Police, DGRE, DST).
  • de la sécurité et la  sûreté dans le domaine maritime et portuaire.

 

Sur le terminal à conteneurs, quel volume avez-vous à ce jour traité ?

L’entreprise « Kribi Conteneurs Terminal » (KCT) a traité sur son terminal plus ou moins 4 900 conteneurs équivalent 20’ au cours du premier mois d’exploitation (mars 2018). Le mois suivant, il a pratiquement doublé (9700 TEU). Les statistiques nous indiquent un trafic de 103 840 TEU en fin octobre 2018 : le seuil de 100 000 boites a donc été franchi en sept mois d’activité.

 

Comment réagissent les armateurs et le personnel navigant aux infrastructures offertes par le port de Kribi ?

Avant et après sa mise en exploitation, le Port de Kribi a reçu de nombreuses visites d’armateurs, d’opérateurs économiques et de potentiels investisseurs d’horizons divers. A la vue des infra et superstructures réalisées et mises à disposition, ils ont tous exprimé leur agréable surprise de constater que le port de Kribi n’est plus un projet mais une réalité palpable. Les diverses sollicitations dont l’Autorité Portuaire est l’objet de façon permanente témoigne de cet engouement.

 

La plupart des opérateurs affirment que l’un des défis des prochaines années à Kribi va être celui de la cadence de manutention, étant donné que le port dispose de peu de terminaux.

Effectivement, les cadences de manutention contribuent pour une part importante à la durée du séjour du navire à quai. La durée totale de l’escale du navire quant à elle est l’élément-clé qui impacte de façon considérable le coût et le délai de passage de la marchandise, qui à leur tour sont des paramètres de la compétitivité du port. Le nombre limité de postes à quai disponibles peut effectivement être un facteur de congestion portuaire en cas de forte demande. Cette dernière va être croissante. C’est la raison pour laquelle L’Autorité Portuaire de Kribi a anticipé en lançant rapidement les travaux d’extension du port phase 2.

 

Comment allez-vous vous assurer de rester dans les bons standards ?

Pour rester dans les bons standards internationaux, chacun doit continuer de jouer pleinement son rôle comme nous l’avons fait jusqu’à présent, en espérant que la logistique va suivre pour la satisfaction d’une clientèle de plus en plus exigeante.

 

Qu’a changé l’entrée en exploitation du terminal polyvalent ?

L’entrée en exploitation en régie indirecte du terminal polyvalent par le Groupement KPMO est une bonne chose en ce sens qu’elle nous amène immédiatement du trafic qui s’annonce croissant et régulier. Nous avons désormais un port qui a de l’activité permanente sur ses 2 (deux) terminaux ; ce qui est la preuve que le rêve est devenu réalité.